Si la mémoire à court terme et la mémoire de travail sont les sentinelles de l’apprentissage, elles n’en sont pas les gardiennes figées. Les recherches d’Allyson Mackey (Nature Neuroscience, 2012) montrent que, même à l’adolescence, ces systèmes demeurent plastiques et ajustables. La qualité de l’environnement, le soutien, la formation des enseignants jouent un rôle déterminant pour que l’élève, enfant ou adulte, puisse apprivoiser ses propres limites et transformer ses fragilités en ressources.
Éclairer les mécanismes de ces mémoires, c’est donc, non pas ajouter de la complexité à la pédagogie, mais en révéler la finesse et la créativité possibles. Chaque cerveau jongle, à sa manière, avec ces fameuses “sept unités”, ou parfois moins, parfois plus. Reconnaître cette diversité, c’est donner à chacun — apprenant, professionnel, éducateur, parent — les clés d’une adaptation plus lucide, plus joyeuse, et infiniment plus féconde.
—
Sources consultées :
- Baddeley A., Working memory: theories, models, and controversies. Annu. Rev. Psychol., 2012.
- Gathercole S., Alloway T.P., Working memory and learning. Sage, 2008.
- Melby-Lervåg M., Hulme C. Is working memory training effective? NIPS, 2013.
- Swanson H.L., O’Connor R.E., The role of working memory in learning reading and mathematics. Journal of Experimental Child Psychology, 2009.
- Klingberg T. Training and plasticity of working memory. Nature Reviews Neuroscience, 2010.