Plusieurs travaux ont montré l’impact précis de la mémoire de travail sur la réussite scolaire. Selon une étude longitudinale britannique auprès de 3 000 enfants (Gathercole et al., 2008), la qualité de la mémoire de travail à 6 ans prédit 75% de la variance des performances en mathématiques et en lecture à 11 ans – indépendamment du QI non verbal mesuré au départ.
Les troubles spécifiques de la mémoire de travail concerneraient environ 10% des enfants d’âge primaire (Holmes et al., 2014). Ils sont corrélés non seulement avec un risque de troubles “Dys”, mais aussi avec les troubles de l’attention et de la régulation émotionnelle. Par ailleurs, les adultes présentant des antécédents de troubles de la mémoire dans l’enfance restent souvent vulnérables aux apprentissages de tâches complexes ou multi-étapes.
Autre fait marquant : la mémoire épisodique – celle qui permet de se remémorer des moments vécus, d’envisager le futur (prospection), de se projeter – joue un rôle clé dans la compréhension de texte, la rédaction, la planification et la résolution de problèmes. Un déficit de mémoire épisodique peut passer inaperçu mais entraver significativement la créativité et l’esprit critique (Tulving, 2002).
Enfin, dans les situations de handicap (autisme, déficience intellectuelle, troubles neurologiques rares), la nature du trouble mnésique module fortement les stratégies d’enseignement adaptées. Un enfant autiste avec une mémoire procédurale préservée mais une mémoire verbale compromise apprendra plus vite par répétition motrice qu’à travers des explications orales (Williams et al., 2006).